Richard III (ou presque)

2010 - Avignon, STAR Théâtre, bandes-annonces bord cadre, contemporains, humour, théâtre, tout public

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Ce qui précède est la bande annonce, Il existe un module pro d’une dizaine minutes en bas de la page.


Richard III (ou presque), de Timothy Daly

Spectacle tout public dès 12 ans / durée 1h20

Star Théâtre / Cie Isabelle Starkier

www.startheatre.fr


Mise en scène : Isabelle Starkier

Traduction : Michel Lederer

Costumes : Anne Bothuon

Décor : Jean-Pierre Benzekri

Création lumière : Bertrand llorca

Création sonore : Michel Bertier

Avec : Daniel Jean et Pierre-Yves Le Louarn




Deux comédiens « repentis » jouent Richard III à l’infini, à chaque fois qu’une sonnerie retentit. La raison de cette étonnante représentation apparaît peu à peu, en même temps que les ors rouges et la panne de velours cèdent place à un thriller théâtral en noir et blanc. Guy-Laurence et Bernard, complices en crime hier et partenaires à la scène aujourd’hui, sont sous nos yeux en représentation surveillée, dans un huis-clos qui n’est pas sans faire écho aux principes de la télé-réalité.



Richard III (ou presque) résume, resitue, raconte, tord ou manipule la pièce de Shakespeare dans un univers post-moderne ouvert à ceux qui connaissent Richard III comme à ceux qui ne la connaissent pas. C’est le grand mécanisme de la tragédie moderne qui est dévoilé : Richard III n’est plus un monstre mythologique ou historique : c’est un homme politique comme on en voit tous les jours sur toutes les chaînes de télévision, celui qui a intégré l’immoralité et fait du chaos extérieur son ordre intérieur, son éthique amorale. Sa difformité est toute interne, elle est invisible : c’est sa pensée qui est bancale et tordue comme ce monde qui l’entoure et qu’il sublime en l’imitant. C’est un Richard III du quotidien que la pièce de Timothy Daly met en exergue : elle est peuplée d’acteurs ratés que l’on filme en gros plan, noyés dans le cynisme d’un monde où l’innocent périt sans raison et où le héros triomphe dans et par sa chute. Comme dans Le bal de Kafka, Timothy Daly s’appuie dans Richard III (ou presque) sur une mise en abyme de la représentation dans la représentation.



Richard III (ou presque) met en scène la pièce de Shakespeare dans un huis-clos aux allures de télé-réalité. Qui joue et qui dirige ? Qui est joué dans l’histoire ? Quand commence et quand finit le jeu ? Qui est responsable : celui qui fait, celui qui le laisse faire ou ceux qui regardent ? De l’illusion au faux-semblant, la pièce est une vraie machine théâtrale à jouer et à se jouer des signes (sonnerie de théâtre annonçant la fin de l’entracte, tréteaux, postures…), a créer du sens là où il n’y en a pas, là où il n’y en a plus – dans cette aube troublée de notre vingt-et- unième siècle où ni âge d’or ni lendemains qui chantent ne miroitent plus.



« … j’ai entendu dire que des criminels, assis au théâtre ont été tellement touchés au vif de l’âme par le seul art de la pièce qu’ils ont aussitôt avoué leurs crimes publiquement » Hamlet

« Toute l’œuvre de Shakespeare est une démonstration de la faiblesse humaine » Firmin Gemier.


Il existe une vidéo plus complète présente dans l’espace : module pro Richard III (ou presque).



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